Le cross du Mont Blanc, I did it !


Concentrée sur la course et mon bonheur d'être là, sur cette course mythique !

En octobre 2018, l'agence chargée des relations presse du Marathon du Mont Blanc, Links Communication, me lance un défi : Ca te dirait de participer au célèbre cross du Mont Blanc en juin prochain ? Pour les non avertis, il s’agit d’une course de haute montagne de 23 km et quelques 1600 mètres de dénivelé positif. Encore en extase devant la beauté de ce massif, rencontré véritablement 3 mois avant au Festival de yoga de Chamonix, je n'ai pas hésité 2 secondes...  OUI !


Le début d’une aventure


Ni une, ni deux, j'en parle à l'un de mes coachs et ami ultra traileur, Pierre. Je lui propose un petit WE à Cham’ en échange d’un plan d’entraînement, coaching et assistance le jour J. Mission acceptée. Le pauvre, il ne sait pas à ce moment là qu'il s’est lancé dans un coaching plus psycho que physique avec moi : j’essaie de  renoncer à maintes reprises, pétries de doutes sur mes capacités à affronter ce dénivelé et tracé de haute montagne réputé difficile ! Patient, il ne cesse de m’encourager, adapter mon entraînement lorsque je suis prises de douleurs, que je change de semelles, que je flippe, que je tente de changer de formats de courses… bref de m’échapper. En oubliant qu’il court forcément plus vite que moi ! Néanmoins, je suis mon entrainement à la lettre et le vis bien : 3 séances de running par semaine + 1 séance de Mihabodytec pour me renforcer. Et bien sûr un peu de stretching pour détendre tous ces muscles mis à rude épreuve.


Un training aux petits oignons


C’est en janvier 2019 que je démarre une « pré-préparation » afin de me mettre en jambes. Pour passer aux choses sérieuses le 22 avril avec ma prépa de 10 semaines. Juste avant, histoire de me plonger dans l’ambiance, je pars en stage de trail à Combloux avec 5ème Elément : 3 jours de crapahutage en montagne, dans la neige. Un séjour éprouvant physiquement mais qui m’a appris à maîtriser les bâtons, tâter du dénivelé jusqu’à plus soif, outrepasser ma peur dans les descentes… que du positif qui a renforcé ma confiance en moi même si à ce moment là, je n'ose même pas « avouer » à mes copains de galère mon prochain objectif ; tellement je ne me sens pas légitime.


Les semaines s'égrènent…


Je m’accroche à mon entraînement sans sourciller (ou presque). J’en chie parfois mais je sens que je progresse. J’ai toujours peur d'affronter ce dénivelé alors mes proches m'encouragent. Et puis un grave événement survient dans ma vie privée à un mois de la course, au moment où je cours la VVX en mode week-end choc avec mon coach. Je dois interrompre ce super WE (et rencontre avec l’un des Dieux du trail Kilian Jornet). Malgré tout, je continue à m'entraîner car cela m'aide à tenir le coup. Je ne zappe aucun entraînement, même pas les dernières sorties de 2h45… En plus de m'affûter à l'approche de la course, d'être en super forme et donc de gagner confiance en moi, j'ai cette nouvelle rage au ventre. Celle d'aller au bout de ce challenge, coûte que coûte. Ca y est, je n’ai plus peur.  J’ai suffisamment côtoyé la terreur ces derniers jours ; ce n'est plus ce dénivelé qui peut désormais m'effrayer. Je n'ai qu'une volonté : en découdre !


Cham’, me voilà !


Le 28 juin, j’arrive à Chamonix en compagnie de mon coach et de la canicule. J’ai une après-midi pour m'acclimater avant le grand départ donné à 10h le lendemain. La chaleur me met à plat mais le mental est là. C'est donc boostée à bloc que nous rejoignons la ligne du départ ce samedi 29 juin tant attendu, à la fameuse aire des parapentes de Cham’. Sur équipée (tenue légère mais technique Kalenji, sac d’hydratation (trouvée quelques jours avant la course après maints essais infructueux - Merci à Compressport !), gourdes, gels, casquette, lunettes, crème solaire, matos obligatoire...) et bien dans mes Hoka, je suis mon coach dans un petit footing d’échauffement. Ce qui permet de dissiper le léger stress. Pierre me rappelle qu'il connait tous nos temps de passage, allures etc pour passer les barrières horaires sans crainte (il y en a quand même 4), que je n'ai pas à me soucier de mon rythme, qu’il s’occupe de tout ; qu'à chaque montée on marchera ; que je prendrai mes gels à tel et tel kms, qu’on s’hydratera un max… et qu'on garde une positive attitude quoi qu’il arrive (en gros, il ne veut pas m'entendre râler comme à Volvic sur la VVX) ! Ca, c'est dit !



Voilà à quoi ressemble un tracé de course avec 1600 m de dénivelé positif ! Mais avant la course, je garde le sourire !


C’est parti mon Kiki !


Dans le sas du départ, j’ai le coeur qui bat. Je suis émue. Je repense à toutes ces semaines d'entraînement, à mes proches qui m'ont soutenu, encouragé ; à mes parents… Et nous voilà partis ! Les premiers kilomètres, roulant, se passent en forêt. Facile, agréable. Je n'en reviens pas, ce départ à la cool est fait pour moi qui suis un vrai diesel. Je trottine au milieu d’autres privilégiés, le sourire aux lèvres. Au bout du 4ème kilomètre je me dis quand même que si on continue comme cela, à courir sur du plat, le dénivelé va se concentrer uniquement sur quelques kms et que ça va faire mal ! L'ascension se fait progressivement. Un rêve. Puis on commence à attaquer les choses sérieuses au 8ème km environ, à Argentière où nous atteignons les 1260 m d'altitude. Mais avec mes bâtons et l'accompagnement de mon coach (qui a toujours le mot pour rire), je me sens bien. Je savoure chaque instant de ma course. Je prends le temps d'observer ce panorama fantastique. Tandis que nous continuons de grimper et attaquons la première bosse bien sévère (2 km de montée et 300 m de D+), nombreux sont mes petits camarades autour de moi qui souffrent. Du coup, on se met à doubler pas mal de personnes ; ce qui me donne des ailes. Je n’en reviens pas d’être si en forme, surtout comparé à ces gens au bout de leur vie ! J'ai même l'énergie de danser un petit rock au ravito ! L'ivresse des montagnes peut être !


Plus qu'une course, une aventure !


Place maintenant à une jolie descente un peu rock n roll justement mais plus facile que je ne l'aurai imaginé. En tout cas, cela crée de l'embouteillage. Faut dire qu'il faut enjamber des rochers par ci, descendre des marches en se tenant à une rampe par là… mais c'est le côté ludique du trail, non ? On prend donc le temps de papoter dans les bouchons, taper la pose pour les photos, râler un peu (chut) contre ceux qui n'avancent pas… et c'est reparti pour la dernière belle montée. Là, on commence sérieusement à avoir chaud, soif. Je m'hydrate, m'asperge d'eau, rêve d’une granite sicilienne au citron. Je commence aussi un peu à fatiguer (ça fait plus de 3h qu'on court) mais le moral est bon. 3,4 kms de bosse pour arriver à Flégère (1865 m d'altitude). Ca, c’est fait ! En mode tortue mais ça passe. Faut dire que je ne me soucis pas des barrières horaires. Pierre me dit qu’on est bien ! Les chemins deviennent plus techniques (je fais connaissance avec les pierriers) et il est nécessaire d'être encore plus vigilants. Ce n’est pas le moment de se tordre une cheville ! Difficile à ce moment de la course de relancer sur les quelques passages roulants : la fatigue tétanise un peu les muscles et les nombreux chemins en single empêchent de dépasser tous ces gens qui marchent. Pas grave, on prend notre temps. On est maintenant plus en mode rando. On se rafraîchit dans un petit torrent, on s’arrête prendre des photos de carte postale, on se régale d’un peu de neige récupérée dans les névés à l’approche de Planpraz… on kiffe !


Un décor de carte postale ? Mieux encore ! Alors oui, on n'a pas pu s'empêcher de prendre des photos. Ni de se rafraîchir avec les moyens du bord !



L’aboutissement


Alors quand la ligne d'arrivée se montre enfin à nous, après 5h30 d’effort, quelle émotion ! On la passe ensemble avec Pierre, emplis d'une émotion palpable. Même submergés au moment de la remise de la médaille. Je l'ai fait ! On l'a fait ! Dire que si je m'étais écoutée, je n'aurai pas osé participer et donc pas connu ce grand moment de bonheur ! Comme quoi, il faut oser sortir de sa zone de confort, se challenger mais surtout se donner les moyens d'y arriver car la récompense est alors juste un délice dont on se délecte longtemps ! Je n'ai pris que du plaisir tout le long. Je n'ai pas souffert. Faut dire aussi que j'étais assistée par Pierre telle une championne. J'ai vraiment vécu une course de rêve. Et vous savez quoi ?  Je veux y retourner l'an prochain en mode pèlerinage, saluer le Mont Blanc. RDV en 2020 à Cham' !



Est-ce que ça se voit qu'on était super heureux et fiers de l'avoir fait ?!



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